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APHRODITE

 

 

Née de l’écume

Ton nom la porte

Tout homme qui a vécu

 Connait ta force.

 

Elle est issue des flots

Et de la semence d’Ouranos

Autrement dit du ciel.
 

Lorsque nos cœurs s’embrasent c’est qu’ils annoncent

 Des délices et des mystères.

 

Que tes pouvoirs embrassent

 Dans des délires et des ivresses

 Qu’un jour la peine remplace.

 

Tu es si belle
Que toutes les déesses te jalousent

 Elles te délaissent et te réprouvent

 Même Zeus ne sait que faire

 

Alors il désigne un époux
Dont la silhouette est si laide
Que même sa mère aurait pu le donner aux loups.

 

Héphaïstos !
 

Mais toi t’es libre
Mais toi tu vibres
Parce qu’en toi réside Eros

 

Une force invisible
Qui fait s’arquer les corps
Et nous délivre
A mesure qu’il fait craquer l’écorce

 Sous laquelle notre âme se brise.

 

Pleine d’audace
Tu n’as peur du ridicule.

 Rien ne t’arrête

 Lorsqu’il s’agit de faire en sorte

  Que le plaisir prenne place.
 

Tu as tes astuces et tes règles

 Au-devant de la scène.
 

Il y a Arès
Dans l’union
De l’amour et de la guerre

Il y a Harmonie

 Avec Hermès

ce sera Hermaphrodite.

 

Partout en Grèce ton art séduit

 Il va même jusqu’en Orient

 Puisque tu as persuadé Paris

 A cause de toi le monde se penche

Pour mieux regarder les étoiles.
 

A cause de toi
Les hommes, les femmes s’épanchent

 Puis ils chavirent

 Ou font naufrage.

 

Voyant une chance dans chaque sourire

 Et chaque sourire comme une chance.

 

 

Ô Aphrodite,

Ô pas trop vite.

Le cœur frappe et la tête tourne
Les Heures t’arment et ton feu détourne 

Les belles âmes, les belles âmes.

 

 

Envoutés, les mortels te contemplent
Tes courbes subliment la passion dont ton corps est le temple.

 

Et si nos vies sont peu de choses en vérité

Ta puissance pousse nos esprits et nos coeurs vers l’Éternité.

 

Mais il s’en faut d’un rien
Pour que tout bascule
Pour que le désir et l’amour soufflent doucement nos calculs.

 

Un regard de ta part
Et nos corps partent en vrille.

 

Les sueurs se mélangent et nos hanches

 Comme nos chevilles s’entrechoquent.

 

C’est la passion qui nous soumet
Sans regard pour le futur

Des caprices dont nous sommes les jouets.

 

Même toi Aphrodite, folle d’amour pour Adonis
L’enfant de Mira, qui s’est vantée d’être plus belle que toi 

Se soumet à ta loi.

 

Mais la jalousie que tu excites dans notre cœur ma belle

 N’est que le reflet de celle des immortels.

 

Adonis est élevé à l’abri par Perséphone

 Mais dans son coeur aussi
Sa beauté résonne.
 

La reine des morts le voudrait pour elle seule

 Elle prévient Arès et va préparer ton deuil.

 

Dieu de la guerre, ton amant d’hier

Sous la forme d’un sanglier

Embroche celui auquel ton cœur est tant lié.

 

Il redescend Adonis, vers les profondeurs de la mort

 Emportant avec lui, un morceau de ton cœur

Et les frissons de ton corps.
 

Il est des vides que rien ne comble,

n’es-tu pas d’accord ?

 

Ô Aphrodite,

Ô pas trop vite.

Le cœur frappe et la tête tourne
Les Heures t’arment et ton feu détourne 

Les belles âmes, les belles âmes.

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