
ATALANTE
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Atalante !
jeune femme, grand talent.
Une femme libre,
pour l'homme moderne,
s'il faut le dire
dans sa langue.
Aux dernières nouvelles
elle se fiche pas mal
de l'homme modèle
celui fidèle
aux critères de son temps.
De son temps ?
Parlons-en !
A en croire le mythe,
elle le passe à courir
et ne veut pas secourir
ceux qui trépassent vite
ce malgré leur sourire
Point de débats futiles
encore moins de soupirs.
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Elle s'arrêtera pour lui
seulement s'il la mérite
Seulement s'il la dépasse.
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Ce que vous n'savez pas
c'est la fin de l'histoire...
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Moi je m'arrête là
et la laisse dans les bras
de celui qui fit que son coeur chavira.
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Sur les monts d’Arcadie vit la plus belle des femmes
Des flammes dans les yeux de grandes vagues à l’âme
Abandonnée par ceux qui lui devaient l’amour
Allaitée par une ourse elle guette encore son tour.
Elle est loin d’être frêle et j’ai le coeur qui brûle
Quand je pense à la belle devant laquelle on recule.
On fait bien si l’on pense à la flèche en plein coeur
Qu’ont pris les deux centaures qui voulaient son honneur.
Une histoire de vengeance pour la fille des bois,
qui refuse le monde, le mariage et la loi.
Qui refuse les hommes, qui trace son chemin
Qui court loin du chagrin, de son coeur et du mien !
Atalante court, court !
Atalante nous pousse tous.
Nous les hommes,
Seules les pommes
Peuvent stopper sa course, course !
Mon pauvre Hippoméné
Tu n’as donc pas compris ?
Que si tu veux gagner
Le coeur de cette fille
Il te faudra courir bien plus vite qu’elle
Même si rien ne dure
Sert toi de ta patience
et canalise ta passion
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Ou consulte l’oracle !
Elle c’est ce qu’elle a fait
pour savoir qui sera
Le plus qualifié
pour lui faire des enfants
Et reconnaître sa chance.
Sache que le les lâches ne
peuvent pas y arriver.
Et que chaque peur t’éloignera de l’arrivée.
Ne sois pas le seul à ralentir
Si elle doit te dépasser
Tu devras périr
Oui tu devras trépasser
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Je suis Hipoménée, fils de Mégarée
Prendre le coeur de la belle est mon désir le plus sacré
Rien ne sert d’être prince
sans celle pour qui j’en pince
je vais battre à la course Atalante au pied léger.
Le stade retient son souffle, la chasseresse donne
Un regard en arrière qui glace ma personne.
Si je perds je le sais, que l’on verra bientôt
Ma tête coiffée au poteau.
Et je perds du terrain, mes forces m’abandonnent
Je fouille ma tunique et je saisis la pomme.
Quand je la jette au loin, je trébuche à moitié
Je relève la tête, Atalante est arrêtée !
Je fonce pour ma vie, je fonce pour l’amour
Je dépasse Atalante et je remporte la course.
Et dès lors que je plonge dans son regard de velours
Je subis ma victoire, car j’en oublie la source.
Négligeant mes devoirs, restant fidèle aux hommes
Je ne remercie pas la déesse à la pomme.
Poussés par Aphrodite, nous unissons nos corps
Dans un temple sacré qui scelle notre sort.
Nos passions sacrilèges nous ont condamnés.
Et transformés en lions par le dieu courroucé.
Nous rugissons de rage de ne pouvoir s’aimer.
Trainant lourd la rancune de la divinité.
Les deux amants en nage,
désormais fauves en cage,
tirent le chariot de Zeus dans les cieux infinis.
Que vous soyez rebelles, insoumis ou sauvages,
quand votre coeur s'emmêle dans un amour transi,
il est toujours précieux de savoir dire MERCI !
Atalante court, court !
Atalante nous pousse tous.
Nous les hommes,
Seules les pommes
Peuvent stopper sa course, course !
Atalante, Atalante !
Atalante, Atalante !
Atalante, Atalante !
Atalante, Atalante !