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PERSÉE

 

 

Je me lève sous les remparts

 et sous la lune, mes pensées s’égarent

 Le monde est mon pays

 Cette épopée est mon histoire.

 

Noyé par un grand-père

 Fou de peur et de colère

 Car sa fille, Danaé

 S’est liée au roi des éclairs.

 

L’amour de Zeus tombe comme une pluie d’Or

 Sur la tête de ma mère à l’heure où la cité s’endort.

 

Neuf mois plus tard, je suis arrivé

 Et le sourire d’Acrisios est un peu crispé.

 

Ni les promesses ni les pleurs n’ont raison de ce vieux fou.

 Obsédé par la prophétie qui dit que je lui romprai le cou.

 

Il nous enferme dans un coffre, et nous jette à la mer

 Mais ses efforts sont vains, et les dieux n’en ont que faire.

 

Dictys le pécheur est celui qui nous libère

 Il nous arrache aux flots pour nous mener chez son frère.

 

Polydectès, la crevure de cette histoire.

 Perfide et sournois, sans pitié à mon égard.

 

Le roi de l’île me voit grandir

Il essaye de forcer ma mère

Et chaque jour

 Je lui rappelle qui est mon père.

 

Alors il ruse

 Son mariage est une excuse

pour être comblé de présents

 J’entends encore sa voix qui fuse :

 

"Persée ! Que m’offriras-tu ? Tu ne plies pas les genoux

Mais ne possède pas la chemise que tu portes au cou !"

 

Humilié devant les miens

 Je lui promets, ce qui l’amuse

 D’offrir la tête de la Méduse !

 

 

Persée, les mystères de ce monde

 Transpercer, au-delà des bêtes immondes.

 Ne pas fermer les yeux quand le miroir nous montre

 Chez les humains et les dieux qui sont vraiment les monstres ?

 

Persée, les mystères de ce monde

 Transpercer, au-delà des bêtes immondes

 Réfléchir sans fléchir quand le miroir nous montre

 Chez les humains et les dieux qui sont vraiment les monstres ?

 

 

Pour trouver mon chemin

je fonce vers l’Atlas

Pour convaincre les Grées

car les trois sœurs se cachent

Terribles vieilles femmes dont la réponse me fâche

Un seul œil, une seule dent

Que je prends sans regret.

 

Trouver la Méduse est plutôt facile

Suivre les statues dont le regard est figé

Fixé, par l’erreur, piégé dans l’éternité

Les guerriers qui ont croisé le regard de cette fille.

 

Devenue un monstre, violée par Poséidon

Puis punie par Athéna pour la même raison.

​

Double peine pour la femme dont les yeux désormais

Changent en pierre les inconscients qui osent les croiser.

 

Sa peau est celle d’un reptile

Ses cheveux, des serpents venimeux

Je les entends siffler, pendant qu’elle se faufile

Dans mon dos, je frissonne, un reflet lumineux.

 

Et les yeux fermés, je laisse voir mon cœur

Je lance mon épée, je tranche avec ardeur.

 

Le sang jaillit, je mets fin au supplice

De la femme damnée, de ce monstre aux yeux tristes.

 

Ce regard, maintenant c’est le mien.

​

Celui d’une victime, monstrueuse, devenue une arme

Braquée, sur tous ceux qui font rouler les larmes

Des visages marqués, de tous ceux qui n’ont rien !

 

Persée, les mystères de ce monde

 Transpercer, au-delà des bêtes immondes.

 Ne pas fermer les yeux quand le miroir nous montre

 Chez les humains et les dieux qui sont vraiment les monstres ?

 

Persée, les mystères de ce monde

 Transpercer, au-delà des bêtes immondes

 Réfléchir sans fléchir quand le miroir nous montre

 Chez les humains et les dieux qui sont vraiment les monstres ?

​

 

Je reviens en vitesse, je survole la Méditerranée

Ma bouche devient sèche

Une vision vient de me terrasser.

 

La belle Andromède, princesse d’Ethiopie

Elle voudrait que je l’aide, car le danger surgit.

 

Sa mère veut la sacrifier au monstre marin

Alors je plonge, je fends les airs, pour aller lui tendre la main.

 

J’approche de l’eau, le monstre saute

Coup de lame dans la gorge

Esquive à gauche, attaque à droite

Kêto sombre, sa tête flotte.

 

La princesse se libère, je sens sa peau d’ébène

Je croise son regard de braise, je sais qu’elle deviendra ma reine.

 

Mais Cassiopée sa mère, n’entend pas ma demande

Elle qui a mis sa fille aux fers, qui l’a présentée comme offrande

​

Aux dieux !

 

Pour excuser sa vantardise

Mauvaise mère, égocentrique

Dont les soldats me visent !

 

Je plonge ma main dans l’sac

Sens les serpents sous mes doigts

Un coup de tête de la Méduse

Balaye les soldats

 

Puis on s’envole

Vers la cité d’où tout est parti

Vers ma promesse et ma revanche

Montrer que j’ai grandi.

 

Polydectès hallucine

Quand j’avance jusqu’au trône

Une serpe dans la main

Dans l’autre un paquet qui l’étonne.

​

Décidé, je sors la tête de la Gorgone

À travers son regard de pierre

Le vieux sent que sa dernière heure sonne.

 

Et puis je suis là

Au milieu des statues

Monstres parmi les hommes

Qu’un autre monstre a vaincu.

 

Mon épopée s’achève

Je suis devenu moi

La réflexion contre les monstres

Et la revanche contre les rois.

 

Mais quand on parcourt le monde

L’esprit libre et l’œil en soi

On s’aperçoit vite que le monstre

Est peu souvent ceux que l’on croit !

​

​

Persée, les mystères de ce monde

 Transpercer, au-delà des bêtes immondes.

 Ne pas fermer les yeux quand le miroir nous montre

 Chez les humains et les dieux qui sont vraiment les monstres ?

 

Persée, les mystères de ce monde

 Transpercer, au-delà des bêtes immondes

 Réfléchir sans fléchir quand le miroir nous montre

 Chez les humains et les dieux qui sont vraiment les monstres ?

​

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