top of page

SISYPHE

 

Fils du Vent, écoute ton histoire
Celle de l’homme qui osa défier les dieux

Le Trompe-la-mort qui voulut rouler les Cieux 

C’est ton orgueil qui roule jusqu’au fond du Tartare.

 

Loin, là-bas, une montagne se dresse
Eruption, Ciel Rouge s’enfonce dans ta chair qu’il blesse

 La cendre, se colle aux brulures de ta bouche
Les yeux vissés sur le sommet que jamais tu ne touches.

 

Car le rocher, cet énorme rocher
Qu’à la force de tes bras tu roules jusqu’au sommet

 Sans cesse retombe et quelque part dans l’ombre

 Zeus regarde vaciller ton regard d’acier.

 

Est-ce vraiment mérité ? Est-ce vraiment mérité ?

  

Asopos le fleuve a perdu sa fille Egine
Du haut de ton palais, la lune brille, maline
Est ton idée, contre une source intarissable

Tu troques le nom du dieu, le coupable.
 

N’est autre que Zeus ! Le séducteur infatigable
Prend la mouche
Qui es-tu Sisyphe pour dénoncer les dieux qui découchent ?
 

Il est des choses que les mortels, empêcher ne peuvent

Il faut parfois fermer les ailes avant que les éclairs ne pleuvent

Et la foudre est lancée,

car Zeus est irrité
Il envoie Thanatos, qui vient chercher ta vie

Mais ton esprit tactique confine au génie.


En un tour de parole, en un tour de langage

Sisyphe, tu parviens, à mettre la mort en cage.

 

Tu refermes la porte, et tu jettes la clé

 Regarde les humains courir vers l’immortalité.

 


Il vient d’un autre temps
Il vient d’une autre histoire
Il roule son orgueil et souffre dans le noir.

 

Il vient d’un autre temps
Il vient d’une autre histoire
Mais les soupirs de Sisyphe
Résonnent dans le soir.

 

 

Et le chaos s’empare du monde

Et trop pleines sont les villes, et trop vides sont les tombes.

 C’est Arès qui vient te chercher, par la peau du cou
Il délivre la mort 

Et t’emmène aux Enfers où tu tombes à genoux.

 

Le renard fait couler, des larmes de crocodiles
Perséphone est touchée, et sa volonté s’effile.


Car Sisyphe, tu es là, un mort sans sépulture
Rejoindre le chemin des morts serait vraiment contre nature

Elle ne sait pas que la ruse

 

Ronge ton cerveau
Elle transpire de ton occiput jusqu’aux pores de ta peau.

 

Car c’est toi-même, infâme, qui a demandé à ta femme

 De ne pas toucher ton corps lorsque partirait ton âme.

 

De vraies excuses, de fausses promesses
Un vieux regard en coin et tranquille tu te laisses.

 

Remonter vers la vie, et la sérénité
Soi-disant sans envie pour te faire enterrer.
 

Mais si la métis a la faveur des dieux

Ce n’est jamais impunément qu’on peut se foutre d’eux.

 

Et lorsqu’après trois jours, personne ne te voit revenir
On décide sur l’Olympe que les morts te verront désormais souffrir.

 

Il vient d’un autre temps
Il vient d’une autre histoire
Il roule son orgueil et souffre dans le noir.

 

Il vient d’un autre temps
Il vient d’une autre histoire
Mais les soupirs de Sisyphe
Résonnent dans le soir.

 

 

Désormais te voilà, Sisyphe, condamné
À t’agiter parmi les morts, à randonner entre les damnés.

 

Plantant tes jambes arquées, sur le sol des Enfers

Et ployant sous le poids de ton orgueil délétère.

 

Pour condamner tes ruses, punir ta fourberie
Les dieux ont décidé
De te faire rouler jusqu’au sommet de la montagne

 Un énorme rocher.


S’il passe, c’est promis,

c’est le retour à la vie.

 

Mais quand le dernier de tes pas résonne vers l’abysse

 Quand de l’ultime virage tu longes le précipice.
 

Tu portes à ton visage, tes mains ensanglantées
Et vois comme un mirage, le rocher retomber.

 

Là-bas, tout en bas
Le rocher t’attend
Le rictus qui déforme ta bouche est celui d’un dément.

 

Le sang bat dans tes tempes, à faire péter les veines

Et c’est peu dire Sisyphe que tu n’es pas
Au bout de tes peines.

 

Car c’est à l’infini, que tout recommence
Tu roules ton rocher qui retombe et qui danse.

 

Le long des a pics, et le long des crevasses

 Pour que tu le retrouves en bas
Toujours à la même place.

 

Folie, démence, mouvement perpétuel

Un miroir des humains qui rappelle que les dieux sont cruels.

 

Triche avec eux, badine avec la mort
Te voilà pour l’éternité enroulé dans ton triste sort.

 

Mais lequel d’entre nous, Sisyphe, peut te critiquer

Nombreux sont ceux dont les erreurs résonnent

Porter les mêmes rochers vers les mêmes sommets nous passionne.

 

Et quand la vie parfois prend la couleur des Enfers
Que nos actes ricochent, font les mêmes sons de cloches

 

Une seule solution : lâcher le contrôle et savoir laisser faire
Et prendre du plaisir à faire rouler nos pierres.

©2020 par Istoar. Créé avec Wix.com

  • Facebook
  • Instagram
bottom of page